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mercredi 10 septembre 2008

LES RENCONTRES INDIENNES DE LEWIS ET CLARK


Pour tous ceux qui manifestent un quelconque intérêt pour les Amérindiens, voici une part de leur histoire, racontée dans le livre illustré de Barbara Fifer « Going along with Lewis et Clark ». J’ignore si elle reflète fidèlement le récit qu’ont fait les deux explorateurs, ou si elle est seulement « politiquement correcte ». Je vous en livre ici mon interprétation.

C’est sans doute cette expédition qui inspira Nicolas Vanier son très beau roman « LE CHANT DU GRAND NORD » en deux tomes (1. Le Chasseur de Rêve – 2. La Tempête Blanche, respectivement n° 11737 et 11738 chez Pocket)
Je vous rappelle en quelques mots la situation aux Etats-Unis à cette époque. En 1803, Napoléon 1er vendait la Louisiane aux Américains. Ce territoire français démesuré s’étendait alors du Delta du Mississipi au sud (ce qui reste de la Louisiane aujourd’hui) jusqu’au pied des Rocheuses (le Montana actuel au nord-Ouest).
Cette élargissement du territoire provoqua un intérêt grandissant pour l’expansion économique du pays vers l’Océan Pacifique. Quelques semaines plus tard, le président Thomas Jefferson mandatait deux officiers pour explorer l’Ouest sauvage.
L’expédition devait permettre d’étudier les tribus amérindiennes, la flore, la faune et la géologie de ces contrées lointaines. La mission dirigée par Meriwether Lewis (30 ans), assisté de William Clark (34 ans), accompagnés par Seaman, le chien terre-neuve de Lewis, consistait à trouver des fleuves navigables afin de développer le commerce vers le Pacifique.

Dommage que les Américains ne s’en tinrent pas là vis-à-vis des Amérindiens. Les bonnes relations qu’avaient entretenues Lewis et Clark ont malheureusement vite dégénérées avec l’arrivée des colons : guerres pour ne pas dire génocides, spoliations, déportations, parcages dans les réserves.

L’expédition était en outre constituée d’une trentaine d’hommes, des soldats, mais aussi des civils (engagés comme marins, interprètes et guides) et d’un esclave noir (affranchi quelques années plus tard). Parmi eux, des Français métissés (des nations Hawnee et Omaha) et un autre marié avec deux indiennes dont Sacagawea, 17 ans (Shoshone) qui l’accompagna avec leur fils alors âgé de 55 jours. Elle joua un rôle important en servant d’interprète lors de l’expédition. Plusieurs statues ainsi qu’une pièce de un Dollar en or à son effigie lui rendent encore hommage.

Fresque murale au Capitole de l’Etat du Montana

Ils partirent de Wood River (Illinois) près de St-Louis en mai 1804, atteignirent la côte du Pacifique en novembre 1805. Ils s’établirent pour l’hiver à Fort Clatsop (près d’Astoria sur la rivière Columbia) d’où ils ne regagnèrent l’est qu’au printemps 1806.

Au cours de cette expédition, ils rencontrèrent une quarantaine de tribus avec lesquelles ils firent du commerce et entretinrent de plus ou moins bonnes relations.

Chaque fois qu’ils rencontraient une « nation » indienne, ils tenaient un « conseil ». Tout d’abord les soldats paraissaient en uniforme, démontrant leur entraînement et leurs armes. Puis Lewis ou Clark faisait un discours en Anglais, traduit par l’un des interprètes de l’expédition . Il disait que ce pays était désormais possession des Etats-Unis et souhaitait être l’ami des populations indigènes. Les Indiens pourraient faire du commerce avec eux et non plus avec les autres pays. Les Etats-Unis d’autre part voulaient les aider à rétablir la paix entre les tribus qui se combattaient.
Après ce discours, c’était au tour des chefs Indiens de parler. Ils répondaient poliment et souhaitaient la bienvenue aux visiteurs. Parfois, ils faisaient part de leurs problèmes avec les autres tribus ennemies. Ils disaient qu’ils espéraient faire des affaires avec les USA.
Ensuite, les explorateurs faisaient une démonstration de leurs inventions telles la longue-vue et la boussole. Le fusil à air comprimé de Lewis faisait toujours sensation.

Avant son départ, Clark avait reçu du gouvernement une liste de questions à poser à chaque nation indienne pour laquelle il devait consigner les réponses par écrit.
Il devait aussi les questionner au sujet des autres nations vivant trop loin pour être visitées.
En dehors de celles concernant les coutumes et les croyances spirituelles, voici le schéma :


- combien de membres compte la tribu ?
- combien de foyers ?
- combien de guerriers ?
- qui fait du commerce avec les autres Indiens et de quoi ?
- est-ce que vous faites du commerce avec des Blancs ?
- d’où viennent-ils ?
- où voulez-vous construire un comptoir commercial ?
- que vendez-vous et qu’achetez-vous ?
- êtes-vous agriculteurs ? Si oui que cultivez-vous ?
- quelles nations sont vos amies ? lesquelles sont vos ennemies ?


LES YANKTON SIOUX ET TETON SIOUX

Les Sioux en aval du Missouri faisaient déjà du négoce avec les blancs. Ils purent troquer ce que contenaient les bateaux de l’expédition.
Les explorateurs rencontrèrent les Yankton Sioux à la fin août 1805. Ils tinrent un conseil amical où les Sioux émirent le souhait de voir très vite arriver d’autres négociants après eux. La conversation fut facilitée par la présence d’un commerçant français marié à une femme Yankton qui servit d’interprète.
En amont, fin septembre, les Teton Sioux ne se montrèrent pas aussi amicaux. Ils voulaient plus de cadeaux et de meilleures marchandises. De jeunes guerriers retinrent les bateaux pour empêcher l’expédition de repartir.
L’un des Français métissé Omaha, pu parler à des indiens Omaha captifs. Ils lui apprirent que les Sioux envisageaient de tuer les explorateurs. Il put ainsi prévenir Lewis et Clark de leurs mauvaises intentions.
Tout le monde était sur la défensive, finalement après trois jours, le corps expéditionnaire fut autorisé à partir, sans armes.


LES MANDAN ET HIDATSA
Ces nations furent hospitalières.
Les villages Mandan et Hidatsa du Nord Dakota étaient d’importants centres pour le commerce sur la rivière Missouri. 4.400 âmes étaient réparties sur cinq villages (trois ou quatre fois la population de St-Louis à l’époque !) Les Mandan étaient de rudes paysans sur cette terre glacée en hiver et torride en été. La vente de leurs maïs, courges, haricots et graines de tournesol attiraient Indiens et blancs. Les Hidatsa eux étaient des chasseurs de bisons et gibier parcourant les plaines. Ils vendaient les fourrures aux commerçants britanniques venus du Canada (un voyage de neuf jours).
Une haute clôture encerclait les villages. Les Indiens vivaient dans des huttes en forme de dôme, faites de terre afin de se protéger du froid. Un trou au centre du toit permettait à la fumée du foyer de s’en échapper.

Ce que Lewis et Clark apprirent de ces nations contribua au succès de l’expédition. Ils purent questionner les Indiens ainsi qu’un autre visiteur blanc sur ce qui les attendait, aucune carte ni écrit d’autres précédents explorateurs ne pouvant les renseigner. Les informations qu’ils reçurent ne s’avérèrent pas toutes exactes. Par exemple, personne ne leur dit que les Rocheuses se composaient d’une succession de chaînes de montagne, mais on leur fit comprendre qu’il leur faudrait des chevaux pour les franchir, montures qu’ils pourraient acheter aux Shoshones qui vivaient là-bas. Ces derniers pourraient également leur indiquer la voie à emprunter. Mais faire du commerce avec les Shoshones représentait un nouveau défi puisque aucun membre de l’expédition ne parlait cette langue. La solution vint du village même en la personne d’un Canadien Français et de son épouse Shoshone (Sacagawea) que Lewis et Clark enrôlèrent.
Ce que Lewis et Clark apprirent également c’est que les Rocheuses étaient de hautes montagnes qu’il fallait franchir avant l’arrivée de la neige, donc au début de l’automne, mais que d’autre part ils ne pourraient pas quitter le village Mandan tant que le Missouri serait couvert de glace, c’est à dire début avril. Or, personne n’était capable de leur dire combien de miles ils auraient à parcourir avant d’arriver au pied des Rocheuses.


Les Rocheuses en juin


LES SALISH (ou FLATHEADS)

C’était des chasseurs de bisons et d’excellents cavaliers. Les Blackfeet, leurs ennemies les avaient repoussés dans les montagnes. Quand ils descendaient dans les plaines afin de chasser, ils prenaient garde d’éviter les guerriers Blackfeet. Ils chassaient parfois en compagnie de leurs amis les Shoshones.
C’est en scrutant la plaine à la recherche d’éventuels ennemies que le Chef Three Eagles découvrit la piste des explorateurs. Il vit deux cavaliers chevauchant en tête et des hommes marchant à pied qui conduisaient leurs chevaux. L’un d’eux semblait revêtu des peintures noires guerrières (c’était l’esclave noir !), mais l’ensemble du groupe semblait trop détendu pour être sur le chemin de la guerre. Ils étaient vêtus de façon étrange, sans couvertures. Three Eagles compris qu’il ne s’agissait pas d’ennemies et approcha.
Clark écrivit que 400 Salish les reçurent amicalement et que pour se comprendre, il fallut passer par plusieurs interprètes en dialectes différents. Enfin ils campèrent tous ensemble et passèrent une soirée agréable. C’était la première fois que les Salish rencontraient des Blancs.
Le corps expéditionnaire leur acheta des chevaux « élégants » comme les surnomma Clark. Ils troquèrent également des marchandises et échangèrent leurs chevaux fatigués contre des frais.


LES SHOSHONES

Les premiers furent rencontrés à Fort Mandan, captifs et loin de chez eux. Parmi eux : Sacagawea.
Chasseurs de bisons dans les plaines, ils regagnaient les montagnes pour échapper à leurs ennemies.
Leur coopération étant très importante pour Lewis et Clark qui espéraient leur acheter des chevaux, et les louer comme guides et porteurs à travers les Rocheuses. Aussi en se rapprochant de plus en plus de leur territoire, ils prirent garde de ne pas les effrayer avec leurs armes de chasse que les Shoshones auraient pu prendre pour une invitation à la guerre.
Ils les aperçurent à plusieurs reprises avant d’être assez près pour leur parler. Lewis accompagné d’un petit groupe fut le premier à les rencontrer. Leur chef, Cameahwait, leur dit qu’il craignait que lui et ses hommes soient des amis de leurs ennemis. Lorsque Lewis lui proposa de rencontrer son coéquipier ainsi qu’une femme de leur tribu, il crut à un piège. Il accepta finalement d’accompagner Lewis mais à condition que Lewis et ses hommes échangent leurs vêtements avec ceux de quelques Shoshones. S’ils refusaient, Cameahwait n’aurait qu’à faire demi-tour. Mais les blancs acceptèrent. Lorsque Sacagawea reconnut les habits Shoshones, elle signifia à Clark que c’était ceux de son peuple et se mit à danser.
C’est là qu’ils firent une sacrée découverte : Sacagawea était la sœur du Chef Cameahwait ! Leurs retrouvailles furent très émouvantes.

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Robe de Sacagawea à Fort Clatsop
La jeune femme retrouva également un ami capturé avec elle, qui avait réussi à s’échapper.
Lewis et Clark étaient très heureux d’avoir trouvé les Shoshones et obtinrent leur accord pour les aider.
Avec un vieux guide et son fils, ils purent atteindre la vallée de la Bitteroot au Montana et se frayer un passage dans la neige à travers la montagne du même nom à Lolo Pass. Ce trek mit les hommes à rude épreuve, les laissant affamés.


LES NEZ PERCES
Après avoir dû tuer des chevaux et fait fondre de la neige pour survivre, c’est dans la Weippe Prairie qu’ils furent recueillis chaleureusement par les Nez Percés qui les nourrirent de poisson, de bison, de racines de camas et de baies séchées. Ils les assistèrent dans la construction de canoës qui leur permettraient de poursuivre leur voyage en descendant la rivière Clearwater, la Snake et enfin la Columbia. Ils leur fournirent également des indications sur les régions qu’ils allaient traverser.
Lors du conseil rituel, Lewis et Clark obtinrent de leurs Chefs Twisted Hair et Tetoharsky la garde des leurs chevaux restant durant l’hiver, dont ils auraient besoin lors du voyage retour.
Quand ils quittèrent la Weippe Prairie en automne 1805, les deux chefs eux-mêmes les accompagnèrent, en tête du groupe, afin de prévenir leurs alliés que ces Blancs venaient en paix. Ils servirent ainsi d’interprètes auprès des nations vivant le long de la Columbia parce qu’ils connaissaient les dialectes en usage aussi loin que The Dalles (à la frontière de l’Oregon et de l’état de Washington actuels).
Sur le chemin du retour, déprimés par les pluies incessantes qui s’abattaient sur Fort Clatsop, l’expédition retrouva les Bitterroots enneigées encore une fois. Elle campa à Kamiah et y resta plus longtemps que nulle part ailleurs (exceptés dans les deux camps hivernaux). Les hommes passèrent près de quatre semaines apaisantes, enrichissantes, et ludiques, auprès des Nez Percé. On retrouve encore cette trace de leur séjour transmise oralement à travers les contes de la tribu.
Finalement quand la neige eut fondu, ils reprirent leur route, conduits par des jeunes Nez Percés qui les étonnèrent par leur capacité à trouver leur chemin malgré la neige encore présente.


Nez Percé National Historical Park

LES WALULAS (appelés aussi WALLA-WALLA)
Lewis et Clark furent particulièrement bien accueillis par cette nation en octobre 1805 et leur chef, Yelleppit, les invita à rester plus longuement. La tribu se tenait au sud de la rivière Columbia près de la ville actuelle de Kennewick (état de Washington) et ils campèrent tous ensemble. L’un des Français leur joua du violon ce qui leur plu beaucoup. Lewis et Clark leur promirent de revenir l’année suivante sur le chemin du retour pour un plus long séjour.
Le mois d’avril suivant, ils s’arrêtèrent donc quatre nuits chez les Walulas. Les forêts étaient rares dans cette région et il n’y avait pour tout combustible que des arbustes. Le chef Yelleppit pressa son peuple de partager avec ses invités. Il montra l’exemple en leur offrant lui-même une brassée de bois et une assiette de poisson grillé. Leur visite fut l’objet de danses jusque tard dans la nuit.
A cette époque, un Shoshone captif vivait parmi les Walulas. Ainsi grâce à Sacagawae, comme interprète, la communication s’établit parfaitement.
Les membres de l’expédition traitèrent quelques problèmes médicaux parmi la tribu ainsi que ceux de leurs voisins, les Yakimas.
Le chef offrit au Capitaine Clark un beau cheval blanc en l’échange duquel il demanda une bouilloire. Mais les explorateurs n’en avaient que très peu pour leurs propres besoins, alors Yelleppit dit qu’il accepterait n’importe quoi qui puisse convenir en échange. Le Capitaine avait remarqué que le chef admirait son épée, alors il la lui donna.


Fort Walla-Walla Museum
Le troisième jour, le village leur prêta des canoës et les aida à transporter leurs effets mais le chef exigea d’eux en retour qu’ils passent une nuit supplémentaire au campement.
Le plus beau cadeau de Yelleppit aux deux capitaines fut de leur indiquer un raccourci pour atteindre le sud-est de l’état de Washington au lieu de remonter la Snake River comme ils l’avaient fait à l’aller.

LES CLATSOPS
Les explorateurs entretinrent des relations paisibles mais sans plus avec leurs voisins durant l’hiver 1805/06 à Fort Clatsop.
Ils y eut beaucoup de malentendus parce que personne ne se comprenait vraiment.
Les Clatsops avaient coutume de faire du commerce avec les Européens qui arrivaient par bateau du Pacifique et faisaient payer le prix fort toutes marchandises, nourritures et fourrures. Les membres de l’expédition durent leur paraître misérables ou avares ! Par exemple, mi-janvier 1806, ils n’avaient que 120 pieds de perles bleues, plus de blanches et beaucoup de rouges sur un cordon. Mais les Clatsops pensaient que les bleues avaient plus de valeur alors quand l’un d’eux vint pour vendre un vêtement fait de trois peaux de loutre pour 200 pieds de perles bleues, on ne put le lui acheter. A la fin de l’hiver, les soldats échangèrent même jusqu’aux boutons en laiton de leurs uniformes pour survivre.
Les explorateurs purent néanmoins acheter du poisson séché, des racines de wapato, des fourrures, des paniers et même des canoës. Ils notèrent qu’un canoë arrivait en second rang des valeurs de la tribu après l’épouse.
Au cours de l’hiver, le gibier se fit rare et les hommes durent s’éloigner du camp pour trouver des cerfs. Ceux qui ne pouvaient être ramenés au camp étaient cachés jusqu’à ce qu’ils puissent revenir. Six cerfs furent volés avant qu’ils reviennent les chercher. Ils maudirent les Clatsops. Avant d’entamer leur voyage retour, en mars 1806, ils décidèrent qu’il leur faudrait un canoë supplémentaire d’une forme qui leur permettrait d’affronter les vagues de l’estuaire de la Columbia. Quand l’un d’entre eux suggéra de s’emparer d’une embarcation des Clatsops en paiement des cerfs volés, Lewis et Clark approuvèrent. Ce fut l’unique fois qu’ils s’accordèrent une telle prise qui ne fut ni un cadeau ni l’objet d’un troc.


Barque funéraire à Astoria


LES BLACKFEET

Quelques membres de l’expédition rencontrèrent des Piegan Blackfeet sur le voyage de retour en 1806. Le conseil se termina par un combat entre les deux parties. C’est l’unique fois où les explorateurs firent usage de leurs armes et tuèrent des Indiens.
Lors du voyage aller, en juin 1805, ils étaient arrivés (au Montana) au confluent de la rivière Marias et du fleuve Missouri. Cela méritait une exploration approfondie, mais ils n’avaient pas le temps. Alors en juin 1806, Lewis accompagné de quelques hommes s’aventurèrent en territoire Blackfeet. D’autres tribus ennemies les avaient décrits comme belliqueux et dangereux. Quand le petit détachement de Lewis rencontra 8 guerriers Blackfeet, on sentit très vite la tension. Pourtant, ils mirent pied à terre et marchèrent vers eux se montrant amicaux. Quand ils s’assirent tous ensemble pour le conseil, Lewis donna à chacun des trois chefs une médaille de paix, un drapeau américain et un mouchoir. Ils fumèrent le calumet et s’exprimèrent par des signes.
Lewis pressa les Blackfeet de faire la paix avec leurs ennemies. Il essaya de leur faire comprendre qu’ils avaient signé des traités avec les autres tribus qu’ils avaient rencontrées. Il tenta de dire que les USA faisaient du commerce avec les nations paisibles. Mais les Blackfeet pensèrent que ces Blancs avaient rassemblé et armé leurs ennemies ce qui représentait une sérieuse menace pour eux.
Au camp cette nuit-là, les hommes de Lewis prirent un tour de garde chacun afin de parer à toute éventualité. Mais quand à l’aube, les chefs se saisirent des fusils des blancs, l’un d’eux en remettant son arme en poignarda un. Il portait encore la médaille de paix offerte la veille. Lewis braqua son pistolet sur l’homme qui lui avait pris son fusil. Quand le guerrier abaissa son arme, Lewis ne tira pas et ne permit à un aucun de ses hommes de le tuer.
Quand les Blackfeet tentèrent de leur prendre leurs chevaux, ils les poursuivirent. Lewis tira sur un guerrier qui répliqua et il sentit la balle siffler tout près de sa tête.
Les Blackfeet s’éloignèrent pendant que les hommes regagnèrent le camp. Lewis récupéra le drapeau, mais laissa la médaille de paix autour du cou du chef mort afin que les Blackfeet sachent qui l’avait tué.
Lors du conseil, Lewis avait fait savoir aux Blackfeet que le reste de sa troupe campait près de la rivière Marias. Il les avait invités à tenir tous conseil là-bas une nouvelle fois, mais maintenant il était pressé de retrouver ses hommes et de quitter l’endroit avant l’arrivée des Blackfeet sur le sentier de la guerre.
Ils galopèrent jusqu’à l’aube. Exténués et effrayés, ils retrouvèrent le reste de l’expédition à la Rivière Marias, abandonnèrent leurs chevaux et embarquèrent très vite dans les canoës.


Peinture contemporaine blackfeet au « Warbonnet Lodge » de Browning

MOCASSINS
Clark mentionne que les membres de l’expédition en 1804 portaient déjà des mocassins même avant leur hivernage auprès des Mandan-Hidatsa.
Cet hiver-là, Clark appris des Mandan deux phrases intéressantes. Alors qu’il s’efforçait de rétablir la paix entre les Mandan et les Arikara, l’un des chefs Mandam lui dit qu’il voulait « ôter ses mocassins le soir ». Cela signifiait être tranquille, ne pas rester sur ses gardes.
Clark écrivit également qu’un leader Mandan avertit que dans un village Arikara ils « préparaient leurs mocassins », ce qui signifiait qu’ils rassemblaient de quoi faire la guerre.


Fort Walla-Walla Museum


TOMAHAWKS
Inventés par les Amérindiens, ils ont très vite été adoptés par les Blancs. Armes à l’origine, ils avaient d’autres usages. Ceux fabriqués par l’armée étaient utilisés comme haches et marteaux, certains faisaient même office de calumets de la paix. Les membres de l’expédition s’en servirent pour fabriquer leurs canoës, pour tuer et débiter bisons, daims, cerfs, etc.
Les Mandan et les Hidatsa dirent aux explorateurs qu’ils atteindraient une grande chute d’eau sur la rivière Missouri si haute qu’ils ne pourraient la franchir. En fait, il y avait cinq chutes qu’on appela « Great Falls » et l’expédition se sépara en deux pour suivre des chemins différents afin de les contourner par voie terrestre. C’est alors qu’ils jalonnèrent leur tracé de pieux taillés à l’aide des tomahawks. Cela leur pris un mois pour seulement quelques miles qu’ils auraient pu faire en un jour. Le retard pris les amena aux portes des Rocheuses pour l’automne. Ils furent surpris par l’immensité des massifs à franchir et bien qu’il exista une voie connue empruntée par les Nez-Percé, leur guide Shoshone eut toutes les difficultés à la trouver.


Nez percé National Historical Park

BULLBOATS

La première fois que les explorateurs virent les canots des Mandan et des Hidatsa, ils furent surpris de constater la stabilité de ces petites embarcations conduites par des indiennes, malgré le vent, les vagues, les rapides et leur chargement. Elles étaient parfaites pour naviguer sur les rivières larges et agitées.
Les bullboats se composaient d’un cadre en forme de bol fait de branches croisées et maintenues entre elles par des lanières de cuir, et de peaux de bêtes non tannées.



Les illustrations de cet article ont été recueillies sur Internet ou font partie de ma documentation personnelle.

Quelques sites Web à visiter :

www.lewis-clark.org un site multi-média à la découverte de Lewis et Clark www.lewisandclark.com offre des informations, l’achat de livres et des liens intéressants
www.lewisandclark.org est le site officiel de la « Lewis and Clark Trail Heritage Foundation »


2 commentaires:

mariga(z) a dit…

Ton résumé est fort intéressant et fort bien documenté.
Mon mari m'a offert l'année passée la traduction en 2 volumes des journaux de Lewis et Clark avec la retranscription du journal de bord : Far West, la piste de l'Ouest est la prmeier volume et Far West : le Grand Retour est le second... La lecture, bien qu'un peu difficile, est vraiment fascinante ! On les trouve en format de poche à très bon prix :)
Au cours de leur périple, on se rend compte que ces explorateurs ont été très chanceux. Les deux hommes très différents possédaient des caractères et qualités complémentaires, ce qui permet sans doute cette incroyable voyage.
... Oui, je suis fascinée par les explorateurs :)

la-bricole a dit…

...Et moi les indiens d'avant l'arrivée des blancs. Avant les massacres, ce qu'on a fait d'eux et des conditions dans lesquelles ils vivent actuellement.
Pour lire la totale des aventures des deux explorateurs, il faut vraiment être mordue... Bravo !